Le pays mène, depuis cinq ans, une offensive culturelle internationale en faisant tourner des expositions et en restaurant son patrimoine à marche forcée.
Implanter l’art au cœur de la ville sans transformer ses habitants en simples figurants : tel est le pari – réussi – de la toute première Biennale d’art qui se tient dans le centre historique de Boukhara (Ouzbékistan), mythique oasis de la Route de la soie. Lors du vernissage le 5 septembre, riverains et commerçants venus en curieux et en famille se sont mêlés aux VIP arty pour goûter à cette nouvelle attraction.
La diplomatie culturelle de l’Ouzbékistan vise avant tout à gagner en respectabilité. « Le soft power culturel, c’est un outil de réinsertion diplomatique sur la scène régionale et mondiale », analyse le chercheur Michaël Levystone, co-fondateur de l’Observatoire de la Nouvelle Eurasie (ONE) et doctorant au Centre de Recherche Europes-Eurasie (CREE) de l’INALCO, rappelant les années d’autarcie de l’ère Karimov. Il s’agit aussi, pour l’Ouzbékistan, de capter des capitaux étrangers pour contenir l’emprise de la Russie et de la Chine, ses premiers partenaires commerciaux.
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