Depuis la « Grande retraite » de Tchang Kaï-tchek et de ses partisans à Taïwan en 1949, Taipei et Moscou se perçoivent mutuellement à travers le prisme de leurs relations respectives avec Washington et Pékin.

Sans entraver le développement de « relations non officielles » avec Taïwan, l’endossement continu, par la Russie, du principe d’« une seule Chine » (One China policy) en limite les perspectives, en dépit de complémentarités économiques.

Alors que le ralliement de Taipei aux sanctions anti-russes n’obère pas, pour ainsi dire, les échanges bilatéraux depuis 2022, le contexte de la guerre en Ukraine, en ce qu’il solidifie le partenariat russo-chinois, annihile l’autre plus-value qu’a pu revêtir, aux yeux des Taïwanais, le maintien de leurs liens avec la Russie : un levier de pression stratégique sur les États-Unis, dont le soutien à la défense de l’archipel connaît une volatilité accrue sous l’effet du retour de Donald Trump.

© Christie Chau, Unsplash. Vue sur la Place de la Liberté (Taipei), théâtre de manifestations taïwanaises en soutien à l’Ukraine aux premiers jours de son invasion par la Russie.