Les pays d’Asie centrale, un pôle de stabilité au carrefour du commerce Chine-Europe

Médias & Interventions
Michaël LEVYSTONE
18 juin 2025

Réunis les 17 et 18 juin au sommet Chine-Asie centrale, les dirigeants de cinq pays se sont retrouvés au côté du Chinois Xi Jinping pour parler affaires et stabilité, dans un contexte de recul de l’influence russe et de montée des tensions autour de la région.

Les chefs d’État du Kazakhstan, du Kirghizstan, du Tadjikistan, du Turkménistan et de
l’Ouzbékistan se sont retrouvés les 17 et 18 juin à Astana, la capitale du Kazakhstan, pour
rencontrer le président chinois Xi Jinping, à l’occasion du deuxième sommet Chine-Asie
centrale. Ce rendez-vous diplomatique avait déjà eu lieu une première fois à Xi’an,
l’ancienne capitale impériale de la Chine, en mai 2023, marquant le début d’une
collaboration politique, économique et sécuritaire entre tous ces pays.

Ce n’est pas la première fois que les dirigeants d’Asie centrale se réunissent au complet
pour rencontrer un partenaire étranger. Ces dernières années, ces sommets se sont
multipliés, avec l’Union européenne, la Turquie, les États-Unis, etc. Pourtant, cela n’avait rien
d’évident. « Ça n’a jamais été une région très unie, très homogène sur le plan politique, et
les relations interétatiques étaient très mauvaises », explique Michaël Levystone,
cofondateur de l’Observatoire de la Nouvelle Eurasie et auteur du livre L’Asie centrale en 100
questions.

« Mais il y a eu un changement de président en Ouzbékistan, avec l’arrivée au pouvoir en
2016 de Chavkat Mirzioïev, qui a lancé une nouvelle politique étrangère d’ouverture vers les
autres, alors que le pays était auparavant très fermé », ajoute-t-il, soulignant que cette
évolution a entraîné toute la région dans la même direction. Désormais et depuis 2018, les
cinq présidents se réunissent annuellement pour penser l’avenir de la région. « Ce qui a
permis que l’Asie centrale soit un petit peu plus visible et perçue à l’étranger comme une
région cohérente et uniforme, avec laquelle on peut parler en regroupant ces cinq
pays », commente l’expert.

Pour s’assurer de la sécurité de la région, Pékin a commencé à livrer des armes à des pays
d’Asie centrale, a implanté des avant-postes militaires au Tadjikistan, face à l’Afghanistan, a
organisé des exercices de lutte antiterroriste, ou a sécurisé ses investissements miniers
grâce à des sociétés militaires privées. « Il faudra surveiller ce qui va être dit sur le plan
économique et sécuritaire lors du sommet, car si les Chinois font de grosses annonces, cela
sera un coup de canif supplémentaire à l’influence de la Russie dans la région », avance
Michaël Levystone.